| LE MONDE DE LA MUSIQUE Mai 2005 | par Nicolas BRÉMAUD
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Le pianiste Yvan Robilliard ne manque pas de culot pour son premier disque, à vingt-six
ans, il choisit le solo. Exercice redoutable pour lequel nombre de ses aînés
disent ne pas se sentir prêts. Et il n'aura pas à en rougir. Tout
d'abord, Yvan Robillard possède une superbe sonorité que ne gâte
pas le Fazioli sur
lequel il joue. Le piano est sous ses doigts un instrument percussif autant
qu'un large éventail de couleurs, une série de registres à opposer
ou à superposer en de denses polyphonies de matières minérales,
liquides, soyeuses ou subtiles.Yvan RobiIlard a une formation classique, et
l'on peut s'amuser à relever
dans ses compositions de nombreuses allusions aux grands maîtres du XX'siècle.
Ainsi Regard d'un Frère semble bien être un clin d'œil aux
Vingt regards sur l'enfant Jésus de Messiaen, Intérieurs pourrait
avoir été inspiré par la Neuvième Sonate de Scriabine,
et Obsession a une allure très
nettement bartokienne. Cela ne l'empêche pas d'être aussi un jazzman
accompli, comme en témoignent par exemple de très étonnantes
versions de Solar et de Giant Steps. Il instaure notamment au cours des seize
pièces de
l'album une relation assez novatrice entre écriture et improvisation,
dans laquelle il devient difficile de dire laquelle féconde l'autre.
Une révélation
!